Histoire du lieu Lieu de création Infos pratiques Presse Livres
Architecture Robert Mallet-Stevens Atelier Louis Barillet
 
 
 
ATELIER LOUIS BARILLET
15, square de Vergennes
Paris 15e

Construit en 1932 pour le Maître Verrier Louis Barillet.

L’atelier était installé sur les deux premiers niveaux tandis que le bureau d’étude occupait la mezzanine du 3e étage en balcon sur le double volume du 2e étage où les prototypes de vitraux étaient élaborés à contre-jour de la grande verrière. Le 4e étage était réservé à l’appartement du Maître Verrier et de sa famille.

Le propriétaire qui lui succéda apporta, alors que ce bâtiment n’était pas encore protégé, des modifications pour le moins malheureuses, à tel point qu’il était devenu difficile d’identifier au premier coup dœil une œuvre de Robert Mallet-Stevens.

Extérieurement, il ne restait rien de la métallerie d’origine (à l’exception de la porte d’entrée et du vitrail qui la surplombe) ni du revêtement de façade de gravier lavé recouvert par des décennies de peintures successives qui en avaient effacé jusqu’à la texture. La grande verrière avait été remplacée par un banal mur-rideau tandis que la totalité des menuiseries extérieures était désormais en aluminium naturel ou en PVC.
À l’intérieur du bâtiment, seule la cage d’escalier avait été conservée, avec ses sols, marches et soubassements en granito, ses mosaïques de palier et l’exceptionnel vitrail peint sur le palier au 3e étage. En revanche, les doubles portes des paliers avaient été murées et la gaine ouverte du monte-charge entièrement maçonnée.
Pour le reste, aucun élément ne rappelait plus l’identité du lieu et même le vide de la mezzanine sur le 2e étage avait été bouché par une dalle de béton qui divisait le somptueux volume en deux étages médiocres.
Les grandes lignes de l’intervention architecturale étaient donc claires : reconstituer à l’identique ce qui avait été détruit et adapter le bâtiment à sa nouvelle fonction. La restitution du double volume de l’atelier posait le plus gros problème car son importance était capitale pour le projet mais elle faisait perdre plus de 60 m2 à cet immeuble qui s’avérait déjà trop petit pour les projets de son nouveau propriétaire. Yorane Lebovici, qui participait à l’étude avec nous, eut l’idée de proposer un second sous-sol en compensation de la surface perdue au 3e étage, qui permettait d’utiliser le sous-sol existant en rattachement aux activités du rez-de-chaussée.
La principale difficulté vint d’une absence quasi totale d’archives : les recherches approfondies restèrent vaines et il fallut se contenter des 3 photos communes à toutes les iconographies des ouvrages sur Robert Mallet-Stevens (2 vues intérieures de l’atelier et une vue générale de la façade principale.)

Le caractère industriel de ce bâtiment, atypique dans l’œuvre de Robert Mallet-Stevens, rendait les analogies incertaines et des prototypes de tous les éléments de métallerie furent élaborés sur la base d’études déductives et avec l’aide précieuse de l’architecte des bâtiments de France et des spécialistes de la DRAC Île de France.
Aujourd’hui, cet édifice est inscrit à l’inventaire supplémentaire des Monuments Historiques et les vitraux de l'atelier Louis Barillet sont en instance de classement.

Beaucoup de travail de détail, beaucoup d’engagement de chacun mais à la finale un projet passionnant, abordé avec respect et humilité, pour un maître d’ouvrage passionné à qui l’on devra cette exceptionnelle réhabilitation.

François Lérault – janvier 2003